La nourriture à bord des navires devait durer des mois à travers l’humidité, le froid et la chaleur. Même si les rations des marins ne semblaient pas alléchantes, les marins mangeaient mieux que les classes ouvrières de leur pays. Des biscuits séchés faits de farine de blé étaient facilement entreposés et ne nécessitaient aucune préparation. Il aurait été difficile de cuire au four en pleine mer sur les eaux agitées. Ces biscuits des navires attiraient les charançons et d’autres insectes qui rongeaient les provisions lors des voyages. Certains marins voyaient simplement les insectes comme un supplément de protéines.
La viande salée, souvent séchée comme mesure supplémentaire de conservation, était un autre produit essentiel. Des quartiers de bœuf et de porc étaient entreposés dans des tonneaux de saumure ou emballés directement dans du sel. Le beurre et le fromage étaient parfois disponibles au début du voyage, mais ils ne se conservaient pas bien et on les mangeait rapidement. Parfois, on substituait le suif ou la graisse enrobée de farine aux rations de viande et de fromage. Le gruau et les pois, souvent servis comme des lentilles, étaient des produits essentiels pour les marins britanniques tandis que le riz, les fèves et les pois chiches alimentaient les Espagnols. Les marins recevaient une ration d’un gallon de bière par jour souvent servie mélangée avec de l’eau. C’était une boisson populaire qui pouvait être entreposée durant les voyages, empêchant la croissance d’algues et de bactéries à cause de son contenu en alcool.
Les légumes et les légumes à feuilles n’étaient pas utilisés, car il était impossible de les empêcher de pourrir dans les bateaux humides. La choucroute, faite de chou, et la soupe, faite de tablettes transformées à partir de légumes séchés, ont commencé à faire leur apparition sur les navires britanniques au 18e siècle à mesure que les capitaines faisaient des expériences avec la nourriture qui pourrait prévenir le scorbut et les autres maladies associées à la malnutrition.
Contrairement aux expéditions britanniques, françaises et même américaines qui arrivaient de loin, les Espagnols pouvaient se ravitailler aux bases navales du Pacifique de San Blas et de Monterey. La farine, le sel, le vin et le vinaigre comptaient parmi les provisions essentielles. Alors qu’ils occupaient le village à Nootka, ils ont pu faire du pain dans des fours spécialement conçus et ils gardaient des poules pour avoir des œufs frais. Les registres du Museo Naval de Madrid indiquent que le bétail comprenait « deux vaches, un taureau, un veau, une chèvre, vingt porcs, soixante poules et quatre cents poussins ».
À l’instar des expéditions terrestres, l’occasion d’échanger avec les Autochtones pour obtenir des petits fruits et du poisson n’était pas perdue par les marins fatigués du porc salé. Certains récits des premiers contacts décrivent les méthodes traditionnelles de préparation du saumon dans des boîtes de cuisson en cèdre remplies d’eau et de pierres chauffées. Lorsqu’ils étaient en mer, les membres de certaines expéditions ont pu attraper des poissons. La rareté de cette nourriture fraîche est démontrée dans la réglementation anglaise qui exigeait que le poisson frais soit donné aux blessés et aux malades pour hâter leur guérison.
Provisions pour ceux qui servaient sur les navires de Sa Majesté, Angleterre du18e siècle |


