Les cartes géographiques et les cartes marines montrent les distances et les caractéristiques géographiques de la terre et de l’eau. Les navigateurs les utilisaient pour voyager en sécurité vers un endroit connu. Les cartes marines sont cependant des documents historiques et les hydrographes, ceux qui font les cartes marines, sont des historiens d’un genre particulier. La fondation du British Admiralty Hydrographic Office en 1795 montre la compréhension croissante de l’importance des cartes marines pour un empire en expansion. Nous classifions souvent les cartes marines comme un genre de document géographique, mais la cartographie révèle des événements et des décisions du passé tout comme les autres documents.
Nous pouvons en apprendre beaucoup des cartes marines du 18e siècle qui montrent la distance parcourue par les expéditions, ce qu’ils ont noté et sur quoi ils ont concentré leur temps lors des relevés détaillés de la côte. Un des premiers messages que nous avons reçu de ses cartes marines est l’accent mis sur la découverte d’un Passage du Nord-Ouest, ce qui encourageait les expéditions à essayer tous les détroits, bras de mer et passages comme point d’entrée (bien que pas nécessairement pour aller plus loin dans leur trajet, par exemple, on croyait que l’île de Vancouver faisait partie du continent jusqu’en 1792). On notait également les ports sécuritaires et les villages qui étaient devenus des arrêts fiables pour la traite des fourrures.
Lorsque les expéditions retournaient au pays, les cartes marines produites à la suite de leurs efforts montraient quels territoires étaient censés être sous contrôle européen. L’établissement de cartes marines était souvent un acte de possession symbolique. Cela est démontré par l’exemple de l’expédition française vers le Pacifique Nord-Ouest en 1786 sous les ordres du capitaine La Pérouse. Lorsqu’il a perdu son navire, son équipage et ses papiers au large de la côte de l’Australie, les revendications territoriales de la France ne pouvaient pas être prouvées par des documents et des cartes.
Plusieurs noms d’endroits sur les cartes marines du Pacifique Nord-Ouest honorent les explorateurs et les membres d’équipage ainsi que les membres des familles royales d’Europe. Les îles Haïda Gwaii sont souvent appelées les îles de la Reine-Charlotte en l’honneur de Charlotte, la femme portugaise du roi du 18e siècle George III. Le détroit de Bering, qui relie les océans Arctique et Pacifique, a été nommé en l’honneur du capitaine Vitus Bering à la suite de sa mort. L’île de Vancouver porte le nom du capitaine anglais Vancouver, bien que le nom de l’île comprenait également le nom du capitaine espagnol Bodega y Quadra. Le détroit de Cook dans le Pacifique Nord a été ainsi nommé en l’honneur du capitaine Cook et le capitaine Vancouver a donné le nom de son officier, Peter Puget, au Puget Sound dans l’État de Washington. Le détroit Hecate, Port Alberni, Gonzales, Tofiño, la baie de Cordova, et les îles Quadra, Gabriola, Galiano et San Juan sont seulement quelques exemples d’endroits connus selon des noms espagnols. Ces noms sur nos cartes qui racontent une histoire du passé européen dans le Pacifique Nord-Ouest se mélangent aux noms donnés par les Autochtones du littoral.

