Le capitaine de tout navire doit garder un journal de bord, un livre-registre du navire. La destination du navire, le cap qu’il suit, les situations météorologiques notables et d’autres détails de navigation sont encore notés avec soin de nos jours comme ils l’étaient dans les années 1700. Les rencontres avec d’autres navires, les voyages sur terre, les maladies, les conflits à bord, les dommages et les réparations, les décès et les promotions sont également notés. Ces détails fondamentaux de la vie en mer étaient une des façons que les visiteurs du 18e siècle dans le Pacifique Nord-Ouest transmettaient à leurs collègues de la marine les renseignements de navigation qu’ils ont obtenus au cours de leurs expéditions.
Le 2 juin 1789, le capitaine anglais James Colnett naviguait vers le sud en partance du Golfe du Prince William. Ce jour-là, il a écrit dans son journal que « à midi Lat. observée 59o 32’ Mont S Elias N44°W dist de la rive & rive plus près 8 ou 10 milles point N de la basse-terre & entrée vers un ruisseau sur côté O de la Baie…réparé grand mât du Top Gallant et mis voile Royale et la barre un vent élevé de l’ouest. » Le lendemain, il a noté que « un canot avec deux homme est arrivé du SE de la baie échangé des cadeaux avec eux, nous ont informé qu’ils avaient des peaux ».
La liste de chiffres et de lettres peut sembler difficile à interpréter, mais elle est pleine renseignements exacts à propos du trajet d’une expédition, ce que les conditions du vent nécessitaient en termes de voiles, des endroits où ils avaient vu de l’eau douce (« un ruisseau sur côté O de la Baie ») et une rencontre avec les autochtones qui sont venus les rencontrer en canot dans le but d’échanger. Au terme d’une expédition, un capitaine avait amassé une ressource précieuse sous la forme d’un journal qui pouvait être examiné par ses supérieurs, publié ou interprété pour créer des cartes.

